The Anglo-Canadians and their Share in Quebec Separatism

Category:  Historical Reprints
Source:  “Les Anglo-Canadiens et leur part dans le séparatisme québécois“, an article from 19 November 1969 posted at Les écrits de Harry Bernard:  Journaliste, romancier et naturaliste québécois (The Writings of Harry Bernard, Quebec Journalist, Novelist and Naturalist).  The founders of the web site are Guy Gaudreau and Micheline Tremblay, former professors retired from Laurentian University in Sudbury.
Originally posted in“Editoriaux et Textes d’Opinion, Journaux” (Editorials, Opinion Pieces, Newspapers)


 

Foreword / Avant-propos

Harry Bernard (circa 1959)

Harry Bernard (circa 1959)

Who was Harry Bernard?
Qui était Harry Bernard ?

HARRY BERNARD
(1898-1979)

Écrivain et journaliste, Harry Bernard, qui passa environ cinquante ans au Courrier de Saint-Hyacinthe, fut trois fois lauréat de prix littéraires de la Province de Québec.  De plus, il est membre de la Société Royale du Canada et docteur ès lettres de l’Université de Montréal (1948).

HARRY BERNARD
(1898-1979)

Writer and journalist Harry Bernard, who spent some fifty years at the Saint-Hyacinthe Courier, received three literary prizes in the province of Quebec.  He also was a member of the Royal Society of Canada and held a Doctor of Letters from the French Université de Montréal  (1948).


 

Nationalism and separatism are not the same thing, said Jean-Jacques Bertrand to the Canadian Club.

Nationalisme et séparatisme ne sont pas la même chose, a affirmé Jean-Jacques Bertrand au Canadian Club.

The Anglo-Canadians and their Share in Quebec Separatism

Les Anglo-Canadiens et leur part dans le séparatisme québécois

Harry Bernard

Exclusive English Translation by Kathleen Moore

Il y a une nette différence entre le notionalisme et le séparatisme, ce dont personne ne doute — sauf ceux de mauvaise foi, qui ont intérêt à les confondre.

There is a clear difference between nationalism and separatism, which no one can doubt, except those of ill will who have an interest in confusing them.

M. Jean-Jacques Bertrand vient de le rappeler à Toronto, dans une conférence devant les membres réunis du Canadien Club et de L’Empire Club.

Mr. Jean-Jacques Bertrand just reminded Toronto of this, in a speech to a gathering of members of the Canadian Club and the Empire Club.

Le nationalisme sain et vraî, bien compris et vécu, a toujours existé chez nous, et l’on peut dire qu’il s’est à l’origine de la survivance canadienne-française.

Genuine healthy nationalism, well understood and experienced, has always existed among us, and it can be said that it is at the root of French-Canadian survival.

Il indique chez les nôtres la volonté de vivre, accroitre leur nombre et leur influence dans les milieux où ils ont le droit d’être, travailler, se développer et prospérer, c’est-à-dire de l’est à l’ouest du pays, dans nos dix provinces.

For us it means the will to live, to increase our numbers and our influence in those milieux where we have the right to be, to work, to develop and to prosper, meaning from east to west of the country, in our ten provinces.

Ce qui signifie qu’ils sont fiers de leur groupe ethnique, dont les qualités naturelles s’ajoutent à celle de premiers occupants blancs du pays, et ils estiment avec raison qu’ils représentent une valeur d’împortance pour la communauté, l’enrichissant en plus par le double appoint du bilinguisme et du biculturalisme — pour employer le langage de l’époque.

Which means that they are proud of their ethnic group, whose natural qualities combine with those of the first white occupants of the country, and they rightly believe that they represent a significant value for the community, enriching it moreover with the dual assets of bilingualism and biculturalism, to use the language of the era.

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C’est là ce que rappela à Toronto le Premier ministre du Québec, en des ter­mes sans doute différents, mais de même sens et de même portée.

This is what the Quebec Premier reminded Toronto, undoubtedly in different terms, but with the same scope and meaning.

Le nationalisme, a-t-il dit, ne veut pas dire separatisme, et les Canadiens de langue anglaise ont tort de s’alarmer, aurait-t-il pu ajouter, quand ils se rendent compte que leurs concitoyens d’ascendance française s’opposent comme jamais aux tentatives d’assimilation, plus ou moins enveloppées de sucre, qu’ils redoutent comme des pièges.

Nationalism, he said, does not mean separatism, and English-speaking Canadians are wrong to be alarmed, one may add, when they notice that their fellow French-speaking citizens are as opposed as ever to more or less sugar-coated assimilation attempts, which they are wary of as traps.

A mesure qu’ils grandissent en nom­bre, en force numérique et intellectuelle, aurait-il pu dire encore, ils veulent qu’on les ignore et néglïge moins que dans le passé, qu’on tienne compte de leur pré­sence, qu’on voie en eux un actif, non une hypothéque ou une épine au flanc.

To the extent that they are growing in numbers, in numerical and intellectual strength, it could also have been said, they desire less than in the past to be ignored and neglected, that their presence be heeded, that they be viewed as an asset, not as a security interest or a thorn in the side.

Peut-être exigent-ils plus qu’hier, mais ils sont plus nombreux et plus éclairés, moins hésitants et timides, plus sûrs d’eux-mêmes, plus conscients de leur r6le et de leur apport à la nation, et ils entendent cesser d’être, dans l’esprit d’un trop grand nombre de leurs compatriotes, des citoyens de seconde zone et que l’on traite comme tels, en trop d’endroit et depuis trop long­temps.

Perhaps they demand more than yesterday, but they are more numerous and better informed, less timid and hesitant, more sure of themselves, more conscious of their role and of their contribution to the nation, and they intend to stop being, in the spirit of too many of their compatriots, second-class citizens treated as such for too long and in too many places.

Ils demandent leur pleine place au soleil, dans l’ensemble et chaque partie de la nation canadienne, maïs il est faux de croire qu’ils ont besoin, pour s’affirmer, de retrancher le Québec du pays.

They demand their full place in the sun, in the whole and in every part of the Canadian nation, but it is wrong to believe that to affirm themselves they need to take Quebec out of the country.

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C’est ce qu’essayent de faire croire certains illuminés, entraînés par des théo­riciens intéressés (pourquoi ne serais-je pas premier ministre demain ?), qui ne distinguent pas entre le bien particulier et le général, préfèrent d’ailleurs le premier, y voyant bénéfice personnel.

This is what some of the enlightened want to be believed, trained by interested theoreticians (why would I not be premier tomorrow?), who make no distinction between the particular and the general well being, moreover preferring the first, seeing personal benefit in it.

Ces hommes oublient que la nation solide en vaut une demi-douzaine de fai­blardes; que la maison divisée contre elle-même périt; qu’on est toujours plus puis­sant à l’intérieur des ramparts qu’à l’exté­rieur; que c’est une illusion de se croire gros et riche, quand on ne l’est pas; que l’union des forces et des bonnes volontés promet davantage que la division, les rivalités, les querelles, la course aux épui­sements.

These men forget that a solid nation is worth a half-dozen weak ones, that the house divided against itself perishes; that we are always stronger within the ramparts than without; that it is an illusion to think oneself big and wealthy, when one is not; that the union of forces and of good wills promises more than division, rivalries, quarrels, the race toward depletion.

Parfois tentés par un mirage idéolo­gique, nos gens ne feraient pas mal de se rappeler les vérités essentielles, et avec eux leurs demi-frères anglo-canadiens, un peu trop sûrs d’eux-mêmes et des supériorités qu’ils s’attribuent, peu tolérants à l’endroit de la minorité française du pays, l’ignorant souvent ou la méprisant, contri­buant à alimenter la flamme du séparatisme qu’ils dénoncent.

Sometimes tempted by an ideological mirage, our people would do well to remind themselves of essential truths, and along with them their anglo-Canadian half-brothers, a bit too sure of themselves and their assumed superiority, barely tolerant toward the French-Canadian minority of the country, often ignoring or holding them in contempt, contribute to feeding the flame of separatism which they denounce.

Nationalisme ne veut pas dire sépa­ratisme, mais les Anglo-Canadiens de­vraient s’employer mieux à accepter chez nous le premier, à ne pas faire le jeu du second.

Nationalism does not mean separatism, but the Anglo-Canadians must apply themselves to better accept the first, so as not to gamble with the second.

Harry Bernard

Harry Bernard