“Pat” Walsh Quitte Les Communistes

Category:  Historical Reprints
SourceL’Action Catholique, première page, titre (manchette)
Québec-Canada
46ième année — No 14,089
Vendredi 27 février 1953

Qu’est-ce que c’est, L’Action catholique ?

« L’Action catholique (1915-1962), a longtemps été le quotidien préféré des ruraux, avec ses chroniques touchant tous les sujets de la vie courante.  Intitulé L’Action sociale de 1907 à 1915, il paraîtra ensuite sous le titre L’Action (1962-1971), puis L’Action-Québec de 1971 à 1973.  Les pages de ce quotidien populaire diffusé dans la grande région de Québec — un rival du Soleil de l’époque — regorgent d’information sur les préoccupations de ses contemporains. »

La source de cette dernière description est la Bibliothèque et archives du Québec dans sa collection « L’Action catholique (1915-1962) en ligne ».

 


 
Pat Walsh quitte les communistes

“Pat” Walsh Quitte Les Communistes

Par Louis-Philippe Roy

Il était membre d’une dizaine d’organisations suspectes

Déclaration et interview

 

Au cours d’une interview, “Pat” Walsh nous annonçait hier sa détermination de quitter les organisations communistes ou pro-communistes dont il était membre depuis plusieurs années.  Il nous a même remis une déclaration élaborée dont nos lecteurs trouveront le texte intégral en page quatre.

“Pat” Walsh est une figure bien connue dans les milieux noyautés par les communistes et leurs sympathisants.  Sa démission du Congrès Canadien de la Paix, de la Ligue des Droits démocratiques, de l’Union Canadienne des Travailleurs du Bois, de la Fédération Syndicale Mondiale, du Comité Ouvrier pour la paix, du Comité des droits syndicalistes, de la Ligue des Libertés civiles, du Comité des Marins Canadiens, du comité de rédaction des journaux communistes “Combat”, “Action” et “Canadian Tribune”, de l’Association des Electeurs de St-Souveur, causera certainement une désagréable surprise dans l’état major de Tim Buck dont Walsh avait la confiance à un degré étonnant.

Les intérêts de Moscou d’abord

 
— Pour quelle raison principale quittez-vous ces diverses organisations, demandions-nous à notre inter­locuteur ?

— La goutte d’eau qui a fait renverser le vase, nous répondit-il, c’est la façon dont on a exigé notre in­tervention à l’endroit des époux Rosenberg.  Ni moi ni mes amis n’avions objection à invoquer la clémence en­vers ces espions du régime “rouge”; mais on insista qu’il fallait à tout prix les sauver afin de protéger l’espion­nage communiste.  Si ces maladroits sont exécutés, de dire les porte-parole de Moscou, nous aurons désormais beaucoup plus de difficultés à maintenir nos espions et à en recruter de nouveaux.  J’ai mieux saisi alors ce qui m’avait bien des fois choqué :  les intérêts de Moscou priment tout le reste à un point que les profanes ne peu­vent pas soupçonner.

“Pat” Walsh nous a expliqué comment l’Union des Marins a déjà fait un tort immense à l’occasion de grèves ou encore en détériorant du matériel expédié naguère à Chiang Kai-Shek.  Mais il s’est attardé surtout au noyautage pratiqué par les communistes et leurs agents chez les bûcherons.

Noyautage communiste chez les bûcherons

 
— Et c’est excessivement important, précisait notre visiteur.  Au retour d’un récent séjour à Moscou, Bruce Magnuson, un de ceux qui ont la responsabilité du noyautage chez les ouvriers de la forêt au Canada, transmettait le mot d’ordre suivant   Advenant une guerre, soyez prêts à faire sauter les centrales hydro-électriques, à saboter l’industrie de la pulpe et du papier, même par le feu.

Dans notre région, l’exécution de ce mot d’ordre repose sur l’Union des Bûcherons, dont Gérard Fortin est président.  Comme nous nous étonnions de la facilité relative avec laquelle d’excellents bûcherons se laissaient enrôler dans un organisme communiste, “Pat” Walsh précisait :

— Les agents du Parti Ouvrier Progressiste ont l’ordre sévère de se montrer aussi catholique que les meilleurs, d’aller même jusqu’à la fréquentation ostensible des sacrements quand le missionnaire passe afin d’éloigner tous les soupçons provoqués par des dénonciations comme celles de l’ACTION CATHOLIQUE.

L’anticommunisme de notre journal est efficace

 
— Croyez-vous que notre campagne persistante contre les agents de Moscou et leurs initiatives nationales ou internationales soit efficace, demandions-nous ?

— Oui, dans une mesure dont vous ne pouvez vous douter.  Certaines dénonciations précises de votre journal ont causé le désarroi au sein du parti de Tim Buck.  Vous avez torpillé la délégation du Québec au congrès de Toronto, l’an dernier; et plus récemment, alors qu’une centaine de Canadiens devaient se rendre à Vienne, votre façon de démasquer nos efforts a privé les organisations de plus de quatre-vingt adhésions … Bien des sympathisants ouvrent les yeux ou sont pris de la trousse quand l’ACTION CATHOLIQUE jette des noms dans le public.  Sans vouloir vous flatter, je puis vous dire que votre journal est le plus craint, celui dont les communistes ont le plus peur parce que vous avez démasqué leurs propagandistes.

— Et que pensez-vous de la Loi du cadenas ?

La loi du cadenas entrave la propagande

 
— En toute franchise, je dois admettre que cette loi est un handicap.  Elle force les communistes à se camouffler constamment sous des noms d’emprunt qui doivent être changés souvent pour dérouter les hommes de la police.  Dans le Québec, le Parti Ouvrier Progressiste communiste ne progresse pas en nombre à cause de ces entraves.

Au cours de cette conversation qui a duré près de deux heures, “Pat” Walsh y est allé de considérations fort précieuses.  Il nous fait plaisir de constater que l’anticommunisme de notre journal porte des fruits, entrave vraiment la propagande de Moscou dans notre région.  On comprendra que nous nous proposons de revenir et sur ­la déclaration de Walsh et sur l’interview dont cet article n’est qu’un faible écho.

                                                            Louis-Philippe ROY

 

– 30 –